Les "p'tits bouts" et l'allée du Paradis...
Dernière mise à jour : 20 févr.
J’adore raconter des histoires. Et j’espère que celle-ci vous plaira, parce qu’elle est bien réelle.
Je commence par des souvenirs d'enfance : C’est l’histoire d’une maison, allée du Paradis (magique, n’est-ce pas ?).
Dans cette maison ont grandi mon père, ma tante, et le passage de quatre petites filles d’âges différents. Elles y ont partagé de merveilleux moments avec leurs grands-parents. Ces quatre petites filles s’appellent Marion, Camille, Alexia et Anaëlle, qu’on appellera
« les p’tits bouts ».
A chaque Noël, on prenait des photos.Toujours au même endroit, c’était beau. Puis on les accrochait, année après année, sur le mur du salon. Comme pour symboliser le temps qui passe… et laisser une trace.
Je crois que c’est ce que mon papy a toujours voulu faire, laisser une trace.
Et encore aujourd’hui, puisqu’il n’y a pas un jour ou je ne pense pas à lui depuis qu’il est parti. La preuve est que j’écris encore aujourd’hui.
Il laissait des petits post-it partout, ses collections, son écriture, omniprésente. Ses chansons de Brassens, ses livres de Boris Vian et d’autres écrivains tout aussi passionnants.
Son jardin, ses roses, ses oiseaux, ses haricots. Son chocolat devant la télé et ses mots croisés.
Il y aurait tant de choses à raconter… D’ailleurs, un jour, un livre y sera peut-être consacré.
Et puis il y avait aussi ma mamie. Douce, remplie d’amour, de câlins, de réconfort. Une grand-mère couturière avec un don rare : réaliser des robes de mariée sans patronages… d’un coup d’oeil et d’un coup de crayon, à l'image d'une magicienne avec tant de créativité et de courage.
Cette maison elle est belle sous le soleil, mais aussi sous la pluie. Parce qu’elle restera toujours l’allée du Paradis.
Et ces roses… Chargées de couleurs, d’amour et de belles odeurs.
On en a fait des tambouilles avec leurs pétales, persuadées que ça allait nous soigner.
On a joué dans la descente du garage avec le petit chariot en bois que notre arrière grand-père nous avait fabriqué.
On a eu l'espace pour développer notre créativité : se déguiser, chanter, danser, sous l’œil attentif de notre papy qui nous filmait et de notre mamie, le regard attendri.
On a exploré les moindres recoins de cette maison, couru, chanté et ri à en pleurer.
Nos petits pieds habitaient chaque recoin de cette maison, dans le couloir pour courir et glisser, la cuisine pour y cuisiner les haricots du jardin et les bons gâteux pour le goûter avec le sirop au lait.
La petite chambre pour faire nos siestes et y trouver un instant apaisé, mais aussi pour se déguiser avec les costumes que mamie nous confectionnait. Le bureau de papy pour observer toutes ses collections de Brassens, et tous ses livres. L'écouter des heures à nous raconter ses histoires, nous faire des charades, des blagues et jouer avec les mots. "Ca sert à rien mais ça m'occupe" disait-il.
La salle à manger pour se réunir autour d'un bon repas, du fromage et un petit verre de vin "juste pour gouter". Les mies de pain pour les oiseaux du jardin. Le dessous de la table pour jouer avec nos poupées et le salon pour regarder nos dessins animés préférés.
Nos cœurs battaient fort, nos corps ont dansé, nos visages se sont illuminés, nos yeux ont parfois pleuré mais surtout ensembles on a grandit...
C’était un endroit où l’on se sentait en sécurité, aimées et autorisées à être pleinement nous-mêmes.
Un lieu où l’enfant en nous pouvait s’exprimer, créer, ressentir… simplement être.
Pourquoi je vous raconte tout ça ?
Parce que l’enfance est le symbole de l’insouciance. Une insouciance et une connexion au coeur que l’on perd au fil du temps, et qu’il devient parfois difficile de retrouver en grandissant.
D'ailleurs, on entend souvent : « Connecte-toi à ton cœur » , mais de quoi s’agit-il exactement ?
Selon ma vision, c'est simplement cet endroit en nous. Cet espace sécurisant où l’on peut se réfugier. Un lieu pour se reconnecter à un souvenir, à une émotion, ou même à un seul instant, mais un instant puissant, où l’on était pleinement soi, en paix, libre, et heureux.
Les chemins sont différents pour chacun. Certains sont moins faciles que d’autres.
Mais nous avons tous la capacité de nous reconnecter à notre cœur.
Pour ma part, quand je ferme les yeux, je tourne mon regard vers l’intérieur. Je descends jusqu’à mon cœur ou j'observe un espace.
J’imagine une petite boîte dorée. À l’intérieur, une petite poupée tourne comme dans une boîte à musique. Quand je l’ouvre, les souvenirs de ma plus tendre enfance apparaissent.
Ils me redonnent de la joie. Ils me reconnectent à cet espace sécurisant. À l’amour.
Et quand je parle d’amour, je parle de l’Amour avec un grand A.
Un amour inconditionnel. Puissant. Celui qui dépasse tous les obstacles, toutes les montagnes, même quand on est au plus mal.
Dans mon espace s'y trouvent des souvenirs et des moments que rien ni personne ne pourra effacer.
L’amour inconditionnel n’est ni romantique, ni dépendant. Il existe sans attente, sans condition et sans peur. C’est un état intérieur, pas un sentiment passager.
Il est relié à : la compassion, la bienveillance, le pardon, la présence, la sécurité intérieure.
Dans de nombreuses traditions énergétiques, le chakra du cœur est considéré comme le centre de cet amour. Quand il s’ouvre ou se réactive, on ressent : plus de douceur envers soi-même, moins de jugement, plus de calme intérieur et un sentiment d’alignement.
Cet amour est une force puissante.
D'autre part, le cœur est aussi relié au cerveau. Et oui, le corps humain est incroyablement bien fait.
Pourquoi je vous partage tout ça ? Parce que j’ai souvent été sujette à l’anxiété à plusieurs moments de ma vie. J’ai connu les inquiétudes et les terreurs nocturnes qui me poursuivaient dans des espaces de panique intérieure.
Apprendre tout cela ces dernières années m’a énormément aidée.
Se reconnecter au cœur, c’est faire des choix plus conscients, mettre en lumière nos besoins, plus alignés avec notre intuition et avec ce que l’on veut vraiment.
Quand le cœur s’apaise, le cerveau aussi.
Je ne dis pas que c’est facile bien au contraire, mais essayer est déjà une grande étape à son bien-être. Je parle d’espaces de concentration plutôt que de méditation, car certains textes de yoga traditionnel évoque que la méditation pure est difficile à atteindre. Mais le cerveau s’entraîne. Plus on l’entraîne, plus il comprend. Et le mental prend peu à peu une autre place.
Le cœur et le cerveau ne sont pas opposés. Ils collaborent. Quand le cœur est apaisé, le cerveau devient plus clair, plus créatif et plus intuitif.
(Petite aparté : Il y a peu de temps, en regardant le dernier épisode de la saison 5 de Stranger Things, j’ai eu un véritable déclic.
La scène finale, où Will découvre et active ses pouvoirs, m’a profondément touchée.
Quand « Rocking Robin » l’invite à se connecter à son cœur et à ses souvenirs d’enfance qui défilent, tout prend sens.
Le cœur est un espace pur, sensible, libre de l’ego et du mental.
Will nous montre que sa sensibilité n’est pas une faiblesse. Elle devient sa force.
Peut-être avons tous une part de sensibilité en nous ? Et un jour, avec le temps, on comprend que cette sensibilité, la reconnexion à notre coeur, à nos émotions et notre intuition est la clé.
Ce n’est pas toujours facile… mais en avoir conscience est déjà un grand pas vers un mieux être.)
Si vous avez, vous aussi, de beaux souvenirs, peu importe votre âge, même au milieu des épreuves, de la tristesse, de la perte ou de l’injustice, connectez-vous à eux, fermez les yeux et ressentez. Pensez à cet espace dans votre cœur.
Les moments de respiration, d'ancrage profond pour ressentir la densité de mon corps sont des petits moments d'introspection dont j'ai besoin, et que je m'accorde le plus souvent possible (toujours accompagnée d'un crayon et de mon carnet préféré pour déposer mes maux et mes pensées).
Aujourd'hui, ou est-ce que j'en suis ? Même si parfois je vis des moments moins facile, ayant perdu notre papy le 20 décembre 2025, je continue de cheminer, tout comme vous. J'apprends chaque jour à vire avec mon hypersensibilité. Je choisis, de plus en plus les lieux, les personnes et les choses qui sont alignées avec mon coeur. Je me choisis plus, je m'aime mieux, simplement.
Je traverse encore des périodes d'anxiété à certains moments, de grandes phases de solitudes et même des moments de perte de Foi, des émotions intérieurement invisibles et pas toujours très agréable mais bien sûre de joie aussi. Toutes ces émotions sont les couleurs de mon arc-en-ciel et je les accueil, je les vis pleinement, et je m'autorise avec le temps à être pleinement celle que je suis. J'essaye de ne plus détourner le regard, d'aller au plus profond de mes ressentis pour comprendre, pour libérer des choses afin de pouvoir mieux avancer et avec encore un peu plus de légèreté.
J'ai toute la vie pour continuer d'apprendre, mais plus que jamais, quand je traverse des périodes de tempêtes, je pense plus que tous à ces souvenirs d'enfance, en me connectant à mon coeur, avec mes moments de vies dans cette petite boite à souvenir, ces instants de joies et d'amour. J'utilise également d'autres outils : ancrage, musique, respiration, lecture, balades, yoga (...) pour me reconnecter au corps et au souffle qui feront peut-être l'objet d'un prochain récit ?
Et surtout, je me connecte à ma Foi : une vrai quête personnelle ces derniers temps (la suite au prochain épisode...).
C’est à partir de ces espaces là que j’ai choisi d’accompagner les autres. Pas en prétendant savoir, ni en étant arrivée quelque part, mais en marchant, moi aussi, sur ce chemin. Un jour j'ai lu quelque part que ce n'était pas l'arrivée le plus important mais le chemin. C'est pour cela que j'aime autant St Jacques de Compostelle et tous ces pèlerinages. L'expérience est si riche, elle nous nourrit et nous fait avancer sur le chemin, l'école de la vie.
Je vous partage également uen phrase de Pierre Niney que j'ai entendu il y a peu de temps dans un podcast : "On a pas besoin d'attendre que tout soit parfait pour être heureux".
C'est en acceptant de traverser nos tempêtes, nos doutes, nos peurs, nos deuils, mais aussi nos élans de joie et de lumière que l'on avance. En restant intimement persuadé que rien n'arrive par hasard et que tout est apprentissage...
C’est parce que je connais ces moments de passage, parce que je les vis dans mon corps et dans mon cœur, que je peux comprendre ce que vivent les personnes qui viennent me voir.
Je sais ce que c’est que de ralentir, de se sentir submergé, de chercher un espace pour respirer, se déposer et se retrouver.
Mon accompagnement naît de là : d’une écoute profonde, d’une présence sincère, d’un espace sécurisant où chaque émotion a le droit d’exister. J’accompagne comme j'aime être accompagnée : avec douceur, respect, patience et beaucoup d’amour.
Mon intention n’est pas de raconter ma vie, de ne pas convaincre non plus, car chacun est libre de penser et de voir les choses à sa façon, mais simplement de partager ma passion pour l’écriture et les histoires.
Et si ce texte peut apporter ne serait-ce qu’une petite lumière, alors j’en serai profondément heureuse.
J’en profite aussi pour rendre hommage à mon compagnon de vie, ma famille, mes parents, mes êtres chers qui ne sont plus de ce monde, et plus que tout à ma sœur et à mes cousines, ces âmes précieuses sans qui mon enfance et ma vie actuelle n’aurait jamais eu cette couleur, cette joie, cet amour et cette lumière.
Merci de m’avoir lue.
Chaleureusement,
Alexia





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